La créativité est une qualité que peu de managers pensent posséder, et bon nombre d’entre eux y voient d’ailleurs une compétence très éloignée des comportements requis pour l’exercice de leurs responsabilités.

La notion de pensée créatrice, proche de celle de pensée productive, peut nous éclairer sur des compétences que chacun d’entre nous peut développer et utiliser, y compris pour travailler sur des enjeux exigeant rigueur et organisation.

Il est parfois éclairant de définir une chose par son contraire : l’antithèse de la pensée créatrice, c’est la pensée reproductive. Il s’agit une façon de réfléchir adaptée à des situations familières et sans complexité, et qui s’appuie sur la mobilisation de schémas connus et éprouvés, voire routiniers. Ce mode de pensée permet d’économiser notre temps et notre capacité attentionnelle, mais il s’avère très limitant pour résoudre des problèmes nouveaux ou complexes, qui exigent de penser de façon innovante.

Alors comment adopter une pensée plus créatrice ?

Les différentes approchés théoriques qui se sont penchées sur ce sujet en sont arrivées à la conclusion qu’un changement et une réorganisation de la perception du problème ou de la situation de départ est un préalable ; et c’est même l’enjeu majeur.

En d’autres termes, des reformulations successives du problème, et des données qui le constituent, évitent de rester fixé sur une interprétation inappropriée, limitée ou biaisée d’un problème. Une telle habitude mentale a d’ailleurs été retrouvée chez des génies comme Léonard de Vinci et Einstein.

Concrètement, voici les principales pistes pour mettre en œuvre cette reformulation :

1 – Examiner le problème sous des aspects variés, sans se limiter à votre perspective à vous : que pourraient en dire des experts, vos collaborateurs, vos client, etc…, quels seraient leur grille d’interprétation, leur éclairage ? comment peut-on combiner ces différents points de vue ?

Léonard de Vinci était en effet persuadé que la première approche d’un problème donne une vision limitée, voire erronée : il serait alors nécessaire d’aboutir à une nouvelle formulation du problème de départ.

2 – Utiliser un mode de représentation plus visuel que le texte : des diagrammes, des dessins, qui vont solliciter d’autres modalités de pensée.

3 – Adopter une attitude appropriée lors de cette phase de réorganisation de notre perception du problème :

- faites preuve de curiosité

- acceptez l’ambiguité ; si vous traitez un sujet complexe, vous ne pourrez le définir d’emblée de façon univoque

- résistez à la tentation de gagner du temps, ou de se rassurer, en allant trop vite vers des solutions que nous indiquent nos habitudes.

Et, en prime : l’insight ?

Cette approche, au minimum, permet de se donner une vision plus large avant de faire des hypothèses ou de prendre des décisions ; mais elle peut parfois aller bien au-delà :

On peut définir l’insight comme la découverte soudaine d’une solution adaptée à un problème nouveau. La survenue d’un insight n’est rendue possible que lorsque les éléments ou données de la situation analysée sont perçus et utilisées d’une nouvelle façon.

Ainsi, lorsque vous faites ce travail de reformulation d’un problème, vous créez les conditions pour qu’un insight vous permette de trouver une solution innovante.

Vous voyez, la créativité n’est pas si loin….